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15 nov. 2018

Colombey les deux églises le 4/11/2018


11 novembre centenaire de l’armistice, 9 novembre 48ème anniversaire de la mort du Général de Gaulle les regards continuent de se porter vers Colombey les deux églises d’autant que le jeudi 4 octobre le Président MACRON y célébrait la naissance de la Vème République. Bain de foule à la rencontre des retraités.

colombay les 2 eglises

 Premier message à partir du témoignage qu’il vient de recevoir du petit-fils du Général, « devant lui il était interdit de se plaindre ». Une retraitée essaie de se faire comprendre du Président. « Combien touchez-vous de pension ? » La vieille dame hésite, puis sort un chiffre autour de 500€ Le Président croit pouvoir se piquer d’un bon mot en disant à peu près ceci « vous au moins, vous n’êtes pas impactés par la CSG… » ! Les spectateurs sont déjà éberlués… vient alors la grande explication du Président de la République : « Parce que vous n’avez pas cotisé toute votre vie. »

 

Le dialogue aurait dû se poursuivre mais non le Président s’en va avec ses certitudes. Au demeurant le constat peut être juste, mais le « vous » comme responsabilité mise sur le dos de la retraitée, est tout simplement injuste et d’ailleurs sujet à caution. Peut-être qu’effectivement cette dame porte une part de responsabilité. Mais le « vous » ne peut être imputée à elle seule. Ce « vous » devrait s’adresser peut-être d’abord aux représentants de sa profession, à un employeur qui embauchait au noir, et puis il y a le problème particulier des femmes qui ont élevé leurs enfants, plus d’une année, voir bien plus que la prise en compte de huit trimestres : l’État n’a-t-il pas aussi sa part de responsabilité ? N’a-t-il pas souvent cédé au lobbying de ceux qui ne voulaient pas payer, ou qui cherchaient à payer le moins possible ?

 

Entrons dans le concret du régime social des cultes, qui est responsable du « vous n’avez pas assez cotisé ? ». Tout le système « vocationnel » est fondé sur le dépouillement de l’individu et la confiance absolue qu’il doit à son culte… L’entrée en religion se faisait dans la générosité ou l’insouciance absolue, et d’ailleurs dans l’ignorance des règles de la Sécurité sociale : l’institution se chargeant de tout.

 

Et puis est venue la loi du 2 janvier 1978 complétant un passé de cotisations insuffisantes aux caisses internes du culte catholique. Alors  diocèses et congrégations ont cru pouvoir gérer le régime social des cultes, suivant les règles qu’ils imposaient à la Camac, et Camavic, fusionnées ensuite en Cavimac.

 

La vieille dame est laissée à sa situation de précarité pour le reste de sa vie parce qu’elle n’a pas assez cotisé. Combien de restés et de partis des cultes sont dans cette carence : des collectivités religieuses vieillissantes tiennent leurs membres dans des conditions matérielles qui se dégradent, les partis constatent des carences de cotisations jusqu’à vingt années voire davantage. Monsieur le Président, pouvez-vous à ce point ignorer les erreurs commises par les collectivités religieuses?

 

Jean Doussal

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