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Le dialogue peut-il reprendre ?


A l’origine l’APRC ne cherchait pas du tout le recours aux tribunaux. Son objet social : simplement obtenir que le passé cultuel (prorata temporis) ne pénalise pas une retraite qui, pour les fondateurs entre 40 et 50 ans, étaient encore une perspective lointaine. Le dialogue fut intense et régulier pour que l’engagement initial - une retraite égale au salaire minimum interdiocésain appliqué aux prêtres restés dans le ministère - s’applique également aux partis sans prise en compte des revenus issus de la vie civile et surtout du conjoint.

1) Pourquoi le dialogue se heurta-t-il à une impasse ?

Des avancées furent obtenues par ce dialogue durant un peu plus de vingt ans, dont l’allocation complémentaire aux partis pour les religieux-religieuses, mais toujours avec le franchissement d’une ligne « jaune » : la prise en compte des revenus familiaux, soit donc un contexte d’assistance et non d’assurance.

 
La complémentaire USM2 , a peine actée, sans ces critères honnis en 2000, la CEF se mit à regretter sa décision et n’eut de cesse que de la faire annuler. Dans le même temps des procès sont engagés pour la reconnaissance des années de noviciat et de séminaire dont on ne dira jamais assez le but : non en soi le gain sur la retraite Cavimac, mais la possibilité de pouvoir liquider au taux plein les retraites civiles à l’âge légal.

 
Sans recherche, par l’entente et l’écoute de cette cause première, la CEF et la Corref y voient, la remise en cause du droit canonique et de la loi de 1905 garantissant leur pouvoir (selon elles) de décider en maître à la CAVIMAC. La question devenue de principe, les procès la règleront en faveur des points de vue de l’APRC. Pouvons-nous à présent sortir de ce bras de fer qui dure depuis 2005 ?

 


Comme les Pouvoirs publics confrontés aux attentes déçues des gilets jaunes, l’Église catholique de France, devrait avoir compris le ras-le-bol profond des adhérents de l’APRC et des victimes des cultes. Mais comme souvent, elle fait la leçon aux autres plutôt que de voir les défauts et abus de sa « société parfaite ». Les propos de l’évêque désormais en charge des points de vue de la CEF à la Cavimac ont été exprimés sur ce registre : https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/gilets-jaunes-l-eveque-des-cotes-d-armor-reagit-6108720

2) Les « corps intermédiaires » que la CEF et la CORREF se refusent à entendre

Ma réaction à l’information découverte dans le journal régional fut transmise à tous les administrateurs cathos « Comment nos évêques peuvent-ils tenir des propos tels que rapportés par Ouest-France ? L’APRC fait partie des corps intermédiaires que la CEF et la CORREF refusent « d’entendre pour comprendre et essayer de comprendre ». Nous relayons la souffrance de prêtres, religieux, religieuses, et charismatiques ayant fait de nouveaux choix de vie, de recrues du tiers monde, de LEME que l’on licencie. Nous sommes insérés dans la société civile avec de nouveaux engagements familiaux, sociétaux et même ecclésiaux. »


Ce que les évêques et les religions en général prêchent aux autres, doit d’abord être une bonne pratique interne Les erreurs commises sont évidentes et les victimes attendent réparation. La CEF et de la CORREF, au nom de ce qu’elles professent, se doivent de renouer le dialogue permettant des solutions bénéfiques pour l’ensemble du régime social des cultes.

 
De nouveaux acteurs ecclésiaux prennent la relève de celles et ceux qui, dans ces Conférences et à la Cavimac, voulaient avant tout en découdre . Pour l’Église catholique accepter les « corps intermédiaires » fait partie de ces belles paroles aux autres catégories sociales, mais pas de sa pratique interne. Or les corps intermédiaires ont leur logique propre, ce n’est pas le monde des bizounours, ni celui des « béni-oui-oui ». On dit ce qu’on pense, on dit les problèmes sans tourner autour du pot, on est direct, on met des propositions sur la table et on essaie d’avancer. 2019 devrait devenir le temps d’un dialogue constructif à la fois pour les partis et les restés

 


Jean Doussal, 15 décembre 2018

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