Billets

15 févr. 2019

« République une, indivisible, laïque, démocratique » : encore un effort


Disciplinée et déterminée, j’inscrivais toujours le mot « avocat » sur ma fiche scolaire en début d’année quand l’institutrice puis le professeur nous demandaient quels métiers nous exercerions plus tard. Adulte, je n’ai pas été « avocat » ne pouvant me résoudre à trahir certaines valeurs auxquelles je croyais, sauf à ne défendre que des veuves et des orphelins…

C’est à l’âge de 54 ans, en janvier 2014, « grâce » à la hiérarchie ecclésiale, que j’ai approché d’un peu plus près cet univers des tribunaux. Je l’ai trouvé intimidant, déroutant, complexe, mais incontournable… pour finalement le penser inapproprié à notre cause. Mais, je le dis tout net, sans le soutien de l’APRC, particulièrement de son pôle juridique, j’aurais lâché prise.

Intimidant

Intimidant, lorsque pour la première fois comme justiciable, j’ai pénétré dans la salle d’audience du TASS de Troyes. Où, le moment venu, ma demande a été présentée puis s’est vue attaquée par de curieuses arguties de la partie adverse. Mais où, après avoir entendu le président, non acquis à notre cause, mais ayant raisonné « droitement », je me suis prise à espérer. Puis il a fallu attendre, car le temps est un ingrédient pesant en matière judiciaire, d’autant que certains avocats se font un malin plaisir à épuiser nos nerfs et nos porte-monnaie avec les demandes de renvoi.

Déroutant

C’est alors que la dimension déroutante s’est inscrite dans le parcours par l’arrivée d’un jugement inattendu de rejet. Ce fut aussi le cas, plusieurs mois après, en juin 2016 où, cette fois-ci, la Cour d’appel de Reims a infirmé le jugement de première instance, mais a pratiqué une incise (cf. note) dans son arrêt, de nature à complexifier la tâche de l’équipe juridique et de notre avocat en Cassation et celle, sans aucun doute des magistrats devant la Cour d’appel de renvoi de Nancy. Puis, vient le temps de l’attente, encore… et de l’inquiétude face à toutes ces incontournables démarches à entreprendre si l’on veut que nos droits soient reconnus et que justice soit rendue.

Endurant

Car je me prends à espérer que vienne du monde de la justice – dans une République, une, indivisible, laïque et démocratique, par ses magistrats lassés de passer du temps à étudier nos causes – ce rappel à la hiérarchie ecclésiale, « Votre chef n’a-t-il pas dit un jour « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » ? » Et ils ajouteraient ceci : « Il y en a assez de vos manœuvres dilatoires. Régularisez toutes les personnes qui n’étaient pas des étrangers au sein de vos établissements ? » En ce début d’année, il est encore temps de former un vœu.

 

Note : En effet, l’arrêt de la Cour d’appel de Reims, tout en reconnaissant l’attribution des trimestres pour le postulat-noviciat, a malencontreusement inséré une courte proposition « à titre gratuit » ce qui aura comme effet d’inciter la Cavimac à les valider pour le taux seul, provoquant ainsi une minoration de ma retraite.

 Billet écrit le 21 janvier 2019

Sophie Gava