Billets

01 avril 2019

L’onction des malades


Les AMC sont volontiers perçus négativement par les communautés catholiques, la CEF, la Corref et les responsables des « communautés nouvelles »… Nous sommes les « partis », et bien des qualificatifs de rejets, nous ont été accolés. Or je suis frappé par les obsèques « religieuses » sollicitées par toutes celles et tous ceux qui ont été nos amis et compagnons de route et par les témoignages de vie formulés à cette occasion par les participants. Ils avaient pris d’autres directions, mais que ce soit dans une Église, un Temple, un Funérarium leurs familles, leurs voisins, des associations, des syndicats, des politiques, des amis et des compagnons célèbrent des vies humaines amicales, engagées dans la société, y compris dans l’Église qu’ils sont pourtant  censés avoir « quittée ».

1         Du sacrement de la conciliation

N’étant pas encore au temps de « l’Extrême onction » du moins je l’espère… j’avais fait une démarche inédite voici un mois, pour le dimanche consacré aux « malades » (10 février cette année, la date ayant son importance…). J’avais donc souhaité le sacrement que nous étions six paroissiens à solliciter.

A l’équipe des « visiteurs de malade », j’avais exposé ma démarche : « Fragilisé par l’âge », assurément… une photo prise lors de la « galette » des rois « Familles Rurales » fut comme une révélation. Des raisons familiales ensuite pour ce qui est vécu par notre couple, et puis la commémoration de la mort en direct de ma mère, vécue à l’âge de 13 ans, le 10 février 1954, enfin également plus tard en direct au pied de son lit, égrenant tous deux des « je vous salue Marie », les derniers moments de mon père à l’âge qui est aujourd’hui le mien. La perspective de la mort donc ; proche ou lointaine, je ne sais pas, mais de toute manière certaine. C’est déjà le bilan d’une vie avec ses erreurs, ses fautes, mais aussi ses réussites et la conviction de justes combats. Alors je dépose tout cela dans cette église de Saint Avé qui m’a accueilli voici 16 ans (février 2003), le confiant au ministère du prêtre dont je ne partage pas toujours les points de vue : il le sait et nous sommes cependant en confiance. Merci à celles et ceux qui également sollicitent cette onction, merci à la communauté paroissiale qui nous accompagne ».

 1         Au sacrement de « l’ordre »

Tout au long de cette messe, je n’éludais rien des doutes que l’on peut légitimement avoir sur le « crédo de l’Église catholique », ni sur les agacements éprouvés à entendre certains  « sermons ». Mais par delà tout cela il y avait la volonté d’être dans la sincérité de ce que l’on devient, et de ce que l’on est devenu. Le moment le plus intense (et pour moi et sans doute pour lui) fut l’accolade que le jeune prêtre vint me donner au moment du geste de paix, car il sait mon parcours et mes critiques.

En tant qu’Administrateur représentant les AMC au Conseil d’Administration de la CAVIMAC, j’ai pu vérifier tout au long de ces onze années, ce que pouvait être une hostilité viscérale de collègues « cathos » à notre égard. Certaines de ces hostilités visibles en début de mandat s’estompent ensuite au fil des mois dans une reconnaissance de nos points de vue. Elles font place alors à une profonde compréhension mutuelle et un vrai ressenti d’amitié. D’autres réticences de départ, restent vivaces avec l’expression d’une antipathie à peine voilée vis-à-vis de celles et de ceux qui dénoncent les erreurs commises et les absences de réparation et régularisation incombant à l’Église, dont ils ont du mal à assumer les fautes.

Pour ceux-là la poignée de main reste obligée, la rancœur tenace mais voilée… le rejet se manifeste alors dans les votes que l’on veut secret, pour exclure les AMC des commissions et groupes de travail recherchés « entre soi », entre « restés », hors de toute contestation de ceux qui sont « partis ». Tout cela appelle à la « méditation » d’un sacrement de l’Ordre… « Tous prêtres, prophètes et rois… ».  Les Administrateurs AMC ont un rôle plus spécifique celui de défendre les points de vue de l’assuré social, face aux points de vue des collectivités cultuelles. Et en cela leurs droits surpassent toutes les hiérarchies, pour dénoncer les abus de pouvoirs et défendre les victimes des cultes.

 

Jean Doussal, 15 février 2019