mai 30, 2019

Quitter sa communauté


Nous recevons des appels inquiets de personnes qui voudraient aider telle religieuse ou tel frère à quitter - voire fuir - sa communauté : Comment soutenir cette demande ? Quelles sont les aides possibles ?

Toute personne a le droit de partir. C’est fondamental – mais loin d’être simple.

C’est d’abord une souffrance : la personne est dans cette communauté depuis des années, voire des décennies. C’est un véritable séisme. C’est pire qu’un divorce : on a perdu contact avec le monde concret, les liens avec la famille et les amis se sont étiolés. On se retrouve comme un enfant au bord du chemin. On a peur.

Le droit canon dit que la communauté doit agir, concernant ses anciens membres, dans un esprit d’« équité et charité et évangélique ». Les notes canoniques de la CORREF, éditées en 2013, apportent des précisions sur les droits et devoirs de la communauté et de la personne qui s’en va.

Ces notes canoniques ont valeur de droit au niveau de l’Église. Elles doivent être appliquées par les communautés catholiques. Elles prévoient une aide matérielle, financière, assurant un minimum de ressources à l’ancien membre de la communauté, de l’ordre du SMIC. La communauté doit également rendre les dots, les héritages éventuels… et informer le partant de ses droits en matière de sécurité sociale, de retraite, de mutuelle, etc… lui donner une attestation de présence…

Tant que la personne qui s’en va n’est pas exclaustrée, tant qu’elle n’a pas été relevée de ses vœux, par Rome si la communauté est de droit pontifical, par l’évêque de tutelle si la communauté est de droit diocésain, la personne continue de faire partie de la communauté, qui doit assurer sa subsistance et son bien-être.

Certaines communautés connaissent les droits des membres qui partent et les respectent, allant au-delà d’une charité de bienfaisance. D’autres sont beaucoup plus réticentes et ne se montrent guère aidantes, quand elles ne sont pas menaçantes, ou encore intrusives… Il y a des progrès à faire.

Mais faisons déjà connaître largement l’existence de ces notes canoniques, qui permettent à chacun de reprendre sa liberté le jour où il le souhaite.

Christiane PAURD