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15 août 2019

Pour la gloire de Dieu ou pour celle de l’évêque ?


Au 19ème siècle, les besoins éducatifs, hospitaliers et autres, étaient considérables. De bonnes âmes ont voulu y répondre : un nombre impressionnant de communautés religieuses ont été fondées pour ce faire, au niveau local. Certaines de ces communautés sont restées centrées sur leurs environs, d’autres ont essaimé jusque dans les autres continents – pour la gloire de Dieu et le salut du monde. C’était aussi le temps des colonies et les missionnaires partaient évangéliser les mécréants…

Au 20ème siècle, les besoins sociaux liés à la santé, à l’enseignement… ont été pris en charge par l’État. Certaines communautés religieuses se sont adaptées, leurs membres ont obtenu les diplômes nécessaires pour enseigner, éduquer, soigner, et ont poursuivi leurs buts premiers… D’autres ont changé de cap. D’autres encore ont tout simplement disparu : elles ont fusionné avec d’autres, elles se sont éteintes petit à petit avec la mort de leurs membres. Les colonies sont devenues indépendantes.

Les communautés contemplatives, monastiques ont échappé pour beaucoup à ces transformations puisque point n’est besoin de diplôme et d’agrément de l’État pour prier – pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

Du fait de la transformation des besoins et des communautés, ainsi que de l’aggiornamento de l’Eglise, les vocations se sont taries. L’Église est devenue inquiète, ses évêques aussi.

De tous temps, de nouvelles communautés ont été fondées. Autour de 1950, 1970, ont émergé des idées nouvelles – ou bien des désirs de revenir aux pratiques des pères du désert. L’émergence du Renouveau Charismatique a donné naissance à des communautés alliant tous les styles de vie : prêtres, laïcs, consacrés, familles vivant ensemble la prière dans un même lieu.

Ce fut la naissance de dizaines de communautés nouvelles… Chaque fondateur avait le sentiment d’innover, de faire mieux que les précédents, de proposer LA bonne solution, d’être unique, essentiel, indispensable – pour la gloire de Dieu et le salut du monde – et éventuellement, même si ce pouvait être inconscient, pour sa propre gloire…

Chaque nouvelle communauté est, dans ses premiers pas (qui se comptent en années), sous la tutelle de l’évêque du lieu. Chaque évêque rêve de vocations nouvelles – pour la gloire de Dieu et le salut du monde – et pour sa propre gloire, celle de son diocèse… Le droit canon incite les prélats à faire preuve de discernement, à pousser les fondations vers des valeurs sûres, des ordres établis qui ont fait leurs preuves, qui ont trouvé leurs marques.

Mais voilà : l’évêque du lieu est très fier, très heureux de voir naître des vocations dans SON diocèse. Si fier qu’il imagine déjà la communauté grandir au futur, essaimer sur tous les continents, et ce sera, pour au moins un certain temps, SON œuvre. Voilà pourquoi notre évêque chouchoute la communauté naissante, la visite, signe ses statuts canoniques sans trop y regarder – quitte à ce qu’ils contiennent des éléments illégaux quant à la loi du pays… Quand certains évêques sont à court de nouvelles fondations dans son diocèse, il arrive qu’ils aillent à l’étranger, en Amérique du sud en particulier, chercher des communautés émergentes… Ainsi le diocèse du Var, par exemple, suivi par d’autres…

A titre de comparaison, regardez combien d’apparitions ont été validées par Rome et combien par les évêques du lieu concerné… Rome est infiniment plus prudent !

S’agit-il de la seule gloire de Dieu, du seul salut du monde ?

Chrisitiane