01 sept. 2019

Quand les communautés religieuses puisent impunément dans les caisses de l’Etat…


Comme chacun sait, les retraites servies par la Cavimac (la caisse des cultes) sont particulièrement
faibles…

Certes, des augmentations résultant de différents textes législatifs ont été mis en application après, longtemps après, la création de la caisse. Malgré cela, les droits à pension de nombreux religieux et religieuses restent inférieurs aux minima sociaux français.

C’est pour pallier la faiblesse des retraites de leurs membres que des congrégations et collectivités religieuses demandent à bénéficier de l’ASPA – l’Aide Sociale aux Personnes Agées. Comment se fait-il que ces communautés, tout comme l’épiscopat français, ne semblent guère s’interroger sur la légitimité de l’ASPA pour des personnes qui ont consacré toute leur vie, toute leur carrière, à Dieu ?

Les religieux et religieuses font un choix délibéré, qu’ils clament publiquement, avec le vœu de pauvreté… qu’il est trop facile de compenser via les fonds publics… Facile de déclarer les membres de communauté « sans revenu » !… Vraiment ? Alors de quoi vivent-ils avant l’âge de la retraite ? De l’air du temps ?

Si je ne me trompe, l’Eglise catholique (et d’autres cultes), en demandant l’ASPA pour les siens, puise dans les fonds de l'État. N’est-ce pas un détournement de la loi de séparation de l’Eglise et de l'État, votée en 1905 ?

Mais enfin, si les cotisations vieillesse étaient suffisantes, les communautés n’auraient pas besoin de faire appel à la charité publique ! Au lieu de se mordre les doigts devant la maigreur des pensions de leurs membres, au lieu de réformer ce système de retraite inique, ou de le dénoncer auprès de l’épiscopat - premier responsable de cet état de fait -, il est tellement facile de faire marcher les caisses de l’Etat !

Pourquoi les retraites des religieux sont-elles faibles ?

  • Parce que les cotisations versées par leurs communautés sont minimes, insuffisantes, et ce sont les responsables religieux et l’épiscopat qui en ont ainsi décidé à l’origine.
  • Parce que les responsables religieux n’ont jamais mis en place la retraite complémentaire comme ils l’avaient promis aux parlementaires lors de la création de la caisse.
  • Parce que les communautés, comme les séminaires, ont attendu que les tribunaux, jusqu’à la Cour de Cassation, donnent raison à l’APRC pour, à partir de 2006 puis 2013 commencer à affilier les postulants, les novices et les séminaristes – qui n’en verront la couleur que dans quelque quarante ans, lorsqu’ils prendront leur retraite à leur tour. En attendant, ce sont entre trois à dix ans de vie religieuse qui sont passés à la trappe, qui ne sont pas comptabilisés dans les droits à retraite !
  • Parce que les communautés ont déclaré que les personnes s’engageant chez elles sont « stagiaires », « pré-postulants », « au pair », « familiers »… donc, à leur sens, non affiliables à la Cavimac ou à moindre coût auprès d’autres caisses.
  • Parce que, lorsqu’un de leur membre est affecté à l’étranger, les communautés se passent de verser des cotisations vieillesse pour lui – même si la Cavimac permet de le faire pour des périodes précises – mais n’y oblige malheureusement pas. Mais ces personnes qui ont été à l’étranger reviennent un jour en France et y prennent leur retraite, avec des trous d’années, voire de décennies manquantes !
  • Parce que, du fait de toutes les années manquantes dans leur relevé de carrière, les religieux retraités, non seulement ne peuvent avoir droit à une surcote (alors que leur carrière a été longue…), mais que leurs pensions sont grevées par une décote.
  • Parce que les mesures prises par le Gouvernement pour améliorer la retraite n’ont pas d’effet rétroactif : ceux dont la retraite est liquidée ne voient pas la couleur des améliorations…

C’est pour ces raisons que les communautés font appel aux aides de l'État… Et c’est le Français de base qui finance l’ASPA sur ses impôts… Est-ce juste ? Est-ce normal ?

De même, est-il normal que les prêtres ne soient pas tenus, comme tous les Français, de déclarer la totalité de leurs revenus ? Comment se fait-il que les « honoraires de messes » qu’ils perçoivent (de l’ordre de 300 à 400 euros par mois tout de même !) soient exclus du calcul de leur impôt ? Mais, du moins, les prêtres ne demandent pas l’ASPA, leurs diocèses d’incardination leur versant une retraite un peu plus correcte que celle des religieux. Mais voilà qu’ils se montrent intéressés par la prime d’activité versée par l'État…

l'État est malheureusement considéré par certains comme une vache à lait. Et, parmi ces « certains », se trouve l’Église.

Christiane PAURD