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16 nov. 2019

Célibat et pédophilie


Je ne dirai pas qu’il y a un lien direct entre célibat et pédophilie : un prêtre n’est pas un pédophile (heureusement…). Mais il est certain que mettre des hommes célibataires qui ont, qu’on le veuille ou non, une frustration sexuelle, les mettre en présence d’enfants ou de pré-ados qui s’éveillent à la sexualité, cela peut-être une cruelle tentation pour les prêtres qui vivent mal leur célibat.

 Célibat et pédophilie

Je ne dirai pas qu’il y a un lien direct entre célibat et pédophilie : un prêtre n’est pas un pédophile (heureusement…). Mais il est certain que mettre des hommes célibataires qui ont, qu’on le veuille ou non, une frustration sexuelle, les mettre en présence d’enfants ou de pré-ados qui s’éveillent à la sexualité, cela peut-être une cruelle tentation pour les prêtres qui vivent mal leur célibat.

L’Eglise a trop longtemps voilé le parcours des prêtres pédophiles. Et cela, pour deux raisons. D’abord et surtout, pour se protéger elle-même. Car, pour une institution fondée sur un message d’amour et de respect, il est bien inconvenant que ses cadres (clergé) s’adonnent à de telles pratiques perverses. Mais aussi, pour laisser aux pédophiles une chance de conversion en douceur, sans vindicte populaire : « je vais te donner une nouvelle affectation, dans un diocèse voisin, et tu verras, tout rentrera dans l’ordre… ». Combien de fois ces paroles n’ont pas résonné dans les bureaux des évêques lorsque ceux-ci se trouvaient face à des prêtres accusés de pédophilie. Ce silence institutionnalisé a entrainé l’Eglise catholique dans un tourbillon d’enfer. Depuis le Concile de Latran (1139) et l’obligation du célibat pour les clercs, elle ne s’est pas encore vraiment posée la question du statut du prêtre célibataire. La pédophilie et l’homosexualité gangrènent le clergé mais rien ne bouge vraiment. L’enquête au cœur du Vatican de Frédéric Martel (Sodoma) en est la plus douloureuse illustration : faire comme si rien ne se passe et que tout va bien dans cette noble institution…

Jusqu’à quand l’Eglise va-t-elle continuer à avoir dans ses rangs des pervers sexuels ? Parmi eux, beaucoup le sont à l’insu de leur bon gré. C’est leur frustration sexuelle et leur immaturité affective qui les entrainent, sans forcément le désirer, tout du moins au départ, à abuser des jeunes enfants.

Les scandales à répétition qui traversent l’Eglise provoqueront, je l’espère, un déclic pour qu’enfin on se pose la question du statut du prêtre. Que demande-t-on à un prêtre ? Pas qu’il soit d’abord célibataire. Mais qu’il soit un homme de foi, enraciné dans l’Evangile ; qu’il aime le monde ; qu’il s’intéresse à la vie des gens ; qu'il les accompagne dans leur vie et leur foi.

La réflexion sur le statut du prêtre ne peut pas se faire sans la réflexion sur la place de la femme dans l’Eglise.

Léon Laclau 16 novembre 2019