01 déc. 2019

« Les Frères de Saint-Jean optent pour une complète refondation » La Croix du 6/11


 

Voilà qui a de quoi nous réjouir. La communauté a décidé, au terme de son chapitre général, de réformer ses statuts et de tourner le dos à un fondateur – le Père Marie-Dominique Philippe – qui a commis ou permis bien des dégâts.

Dans un article du 6 novembre, le journal La Croix annonce :

« Les Frères de Saint-Jean optent pour une complète refondation »1.

Voilà qui a de quoi nous réjouir. La communauté a décidé, au terme de son chapitre général, de réformer ses statuts et de tourner le dos à un fondateur – le Père Marie-Dominique Philippe – qui a commis ou permis bien des dégâts.

J’ai connu ce Dominicain…. Marie-Dominique Philippe avait une incroyable capacité à discourir pendant des heures – deux heures le matin, deux heures l’après-midi. Ca volait très, très haut, dans les sphères mystiques ; je n’y comprenais rien ; j’étais totalement noyée. Pour comble, comme j’étais arrivée là avec deux ou trois jours de retard, on me faisait écouter l’enregistrement des jours manqués, si bien que je cumulais plus de six heures d’enseignement par jour…

Marie-Dominique Philippe est à l’origine des Sœurs d’Israël et Saint-Jean, communauté fondée en 1999, dissoute par l’évêque de Lyon en 2005 et qui s’est reformée la même année en Slovaquie. Marie-Dominique Philippe est également à l’origine de la communauté Saint-Jean, dont la branche contemplative féminine a donné naissance à l’Institut des sœurs de Saint Jean et Saint Dominique, dissous en 2013 par décision pontificale…

Il aura fallu tous ces remous – et j’ai beaucoup synthétisé – pour que, enfin, la famille Saint-Jean admette qu’il lui faut revoir leur copie de fond en comble. J’espère que les fruits de cette révision seront bons.

Les communautés nouvelles se créent sans cesse, avec l’approbation des évêques locaux. Ces derniers devraient pourtant être échaudés par les trop nombreux scandales qui se multiplient dans ces fondations ! Je crains que les fondateurs ne soient souvent dangereux. Leur aura éblouit leurs disciples, rendus incapables de discerner les graves défauts de la cuirasse. Se met en place un culte de la personne, dramatique, dont je dirais que le fondateur devient victime tant il finit par se prendre pour Dieu lui-même, omniscient et omnipotent.

Je suis atterrée de constater que, avant même de trouver leur équilibre, les communautés aient de faramineux désirs d’expansion – dans tous les diocèses de France et de Navarre, puis sur tous les continents. De fameux désirs d’expansion en forme de tentacules : on crée une branche sacerdotale, une branche de religieux, une autre de religieuses, que l’on divise l’une et l’autre en branches contemplatives et apostoliques, une branche laïque… On infiltre autant que possible les branches de la société, notamment les écoles et les loisirs des enfants et adolescents…

Et il y a beaucoup de casse… On accueille trop facilement les candidats, trop vite, et s’il y a beaucoup d’entrées dans les communautés nouvelles, si séduisantes, il y a aussi beaucoup de sorties. Que deviennent tous ceux qui se retrouvent à la baille après un essai de quelques années, voire après toute une vie dans une communauté ?

"A quelle retraite auront-ils droit alors que leur relevé de carrière se trouvera amputé de trimestres de vie religieuse ?"…. Il faut savoir que, à la fin des années 1980 ses fondateurs faisaient un procès à la CAMAVIC pour contester le fait que celle-ci voulait l’obliger à payer les cotisations retraites des religieux qu’elle plaçait en régime « étudiant » pour en être dispensé… La Cour de Cassation la contraindra à payer ce qu’elle ne voulait pas payer…

Christiane PAURD, 1 décembre 2019