Des femmes prennent la parole - Enquête

L'enquête dont il est question ci-après a permis à l'APRC de mieux saisir l'histoire des femmes AMC et de voir se dessiner un profil très différent des AMC diocésains et même des AMC, anciens religieux. En cela elle a eu une grande importance et a permis par la suite d'ouvrir les portes de la Conférence des Supérieurs Majeurs ( aujourd'hui la CORREF, Conférence des religieux et religieuses de France ) et de la Tripartite.




 

Enquête auprès de celles
qui ont quitté la vie religieuse

 

juin 1998

 

Préface

Cette recherche auprès de femmes qui ont quitté la vie religieuse semble bien la première en France : c’est dire son grand intérêt. Pour avoir mené personnellement des travaux sur les religieuses et les prêtres séculiers, notamment sur les prêtres mariés et leur femme, je mesure la difficulté de ce genre d’enquête et tout ce qu’elle représente. Elle a le grand mérite d’exister contre vents et marées. Si beaucoup de recherches sociologiques ont été faites en France sur le clergé et les évêques, un petit nombre le furent sur les religieuses catholiques mais aucun travail sérieux et au plan national n’existait dans notre pays, sur les ex-congréganistes.

 

L’objectif du questionnaire était d’analyser “la séparation-le départ”, le soutien reçu, la situation financière et matérielle, les rapports avec des organisations dont l’APRC. A plusieurs reprises, les personnes était invitées à faire librement des “remarques éventuelles”. Ces réponses – qui restent à analyser de façon systématique – sont très précieuses. Elles soulignent certains résultats chiffrés et surtout mettent à jour des aspects étonnants de la vie religieuse et des congrégations féminines, avant le départ et au moment où il s’est produit : on a constaté de manière évidente “l’anarchie qui règne dans la manière dont les ruptures sont traitées tant au plan matériel, que psychologique ou moral. Parfois le manque de solidarité et de justice sont flagrants : “J’ai été chassée comme une malpropre. J’avais tout juste le prix du voyage, habillée comme l’as de pique”. Etonnantes aussi diverses pressions exercées sur des personnes : “mise en demeure”, “mise au silence et séquestration”, “décision personnelle forcée”, “on m’a imposé un choix : ou obéir à un ordre arbitraire... ou “foutre le camp”... Quels que soient les faits, c’est humainement grave que des femmes aient ressenties aussi douloureusement leurs situations.

 

Cette enquête serait à rapprocher des résultats concernant les prêtres qui ont cessé leurs activités. Par exemple, 61 % (3 sur 5) des religieuses qui ont répondu sont restées célibataires alors que presque tous les prêtres “partis” se sont mariés, certains avec des religieuses. Les ex-congréganistes comme les prêtres mariés ont eu en général de grosses difficultés pour s’insérer dans la société, en particulier avec le logement et le travail... Passer de “Ma sœur” ou “Ma Mère”, personnages plus ou moins connus, à “Mademoiselle” ou “Madame”, personnes anonymes qui doivent vivre comme les autres, est une rude épreuve. Mais certaines religieuses ont l’avantage sur les prêtres d’exercer des professions (enseignement, santé, secrétariat). Des recherches sur femmes et prêtres mariés dans notre société ont montré les aspects positifs des décisions prises, en particulier la découverte de l’amour humain et du couple et un approfondissement de leur foi, avec aussi des échecs et des distances prises par rapport à l’Eglise catholique. Comme serait intéressante une tout autre enquête sur les manières dont les ex-congréganistes vivent leur affectivité dans le célibat et l’amour humain ! Comment ces baptisées vivent-elles aussi – parfois bien difficilement – la foi chrétienne et l’évangile ? Quels rapports ont-elles avec l’Eglise ?

 

Mais pour l’instant, un grand merci aux femmes et aux hommes qui ont décidé, conçu et réalisé la présente recherche qui lève un voile sur des situations que l’on a tendance à oublier.

 


Julien POTEL
Sociologue

1. INTRODUCTION



L’APRC fondée en 1978 œuvre sans cesse pour obtenir une retraite convenable selon ses objectifs propres.

 

Dans les premières années, les soucis des ex-diocésains ont été prédominants. L’organisation structurelle diocésaine étant plus simple que celle des congrégations, l’interlocuteur plus facile à identifier : l’épiscopat. La place des ex-congréganistes a été plus longue à se dessiner au sein de l’association.

 

Et pourtant dès 1982, une “commission femmes” fait un travail de recherche pour éveiller l’attention des autorités civiles sur leurs situations. L’exploitation de ce travail n’a pas été menée à son terme.

 

En 1994, le conseil d’administration se dote d’une nouvelle “commission femmes”. Une circulaire adressée à chaque adhérente trouvait un écho auprès de 8 à 10 % d’entre elles ; cet écho traduisait le plus souvent une grande solitude devant les problèmes de la vie quotidienne et les difficultés au moment de la retraite.

 

Le 17 juillet 1997 un rendez-vous entre la vice-présidente APRC, la responsable de la commission femmes APRC et la Secrétaire Générale de la C.S.M. confirmait la nécessité de préciser la situation matérielle et financière des ex-religieuses.

 

D’où la mise en forme d’un questionnaire destiné à saisir les éléments précis de ces situations. Adressé à toutes les adhérentes, 169 d’entre elles ont répondu, soit 39 % des adhérentes. Quelques réponses émanent de personnes non-adhérentes. Les chiffres sont vérifiables, les commentaires se veulent objectifs, les réflexions complémentaires sont la reproduction exacte des réponses aux “questions ouvertes”. Peu d’ex-moniales ont participé. Et pourtant leurs problèmes paraissent non négligeables.
Ce dossier comprend le dépouillement de l’enquête, point par point, avec commentaires, les propositions d’action de l’APRC et quelques informations annexes.

 

Bertie Gaven et Louisette Gicquel

 


 

2. DÉPOUILLEMENT DE L’ENQUÊTE

 

Ce questionnaire a été conçu et rédigé par des femmes, anciennes religieuses, pour des femmes, anciennes religieuses. Il a été diffusé par elles aux membres de l’APRC et au-delà et dépouillé par elles. Il vise à une plus exacte connaissance de cette population.

 

169 réponses (dont neuf arrivées trop tardivement) correspondent à un excellent taux de réponse puisque l’APRC compte à ce jour 437 femmes adhérentes. En tout cas, il est sans doute unique en son genre.

 

Les questions auraient pu être plus nombreuses. Elles se veulent discrètes et orientées vers les problèmes financiers qui se posent aux moments de la séparation et de la retraite. Le dépouillement se veut scrupuleux, exact et complet. Il donne dans un premier temps les résultat bruts. Les commentaires sont de la responsabilité de l’APRC.

Ce questionnaire porte :
  • sur l’entrée dans la vie religieuse,
  • sur la séparation,
  • sur la vie civile qui s’en est suivie,
  • sur les conditions de vie de retraitée.
L’aspect financier est privilégié. Les questions ouvertes ont souvent abordé l’aspect proprement psychologique (comment tout cela a-t-il été vécu ?).

 

Réflexions complémentaires (1)

(1) Tous les textes en italiques sont des réflexions libres de celles qui ont répondu à l’enquête.

  • C’est de très mauvaise grâce que j’ai répondu à vos questions ! Je veux oublier ces 10 ans. - Merci de vous occuper de nous...
  • Pour moi quand l’histoire est finie, elle est finie. J’assume mon choix. J’ai bien du mal à mobiliser de l’énergie pour lutter contre un état de fait injuste...
  • Je souhaite garder l’anonymat.
  • Ce questionnaire me permet de “ sortir ” de ma coquille. J’ai mis plus de 12 ans avant d’émerger. • Je ne veux pas d’aide financière, mais une reconnaissance officielle, sans condescendance, des années de service en congrégation (à qui je dois quand même ma formation professionnelle).
  • Il faut oublier...
  • ...si cela peut vous aider dans votre lutte...
  • Il y a bien des choses que je ne confierai pas au papier...
  • Tout est si compliqué... Je crois qu’il est très difficile d’envisager le problème de l’extérieur par rapport à la manière de le voir de l’intérieur de l’institution Eglise. Et sur deux longueurs d’ondes, on peut à l’infini discuter sans se rencontrer. En fin, on ne sait jamais...
  • Heureusement que tout cela est du passé maintenant. Combien je souhaite que beaucoup qui ont quitté la vie religieuse aient la chance de reprendre leur vie en main et une belle vie.
  • Le premier bienfait de l’APRC restera toujours d’assumer publiquement notre statut d’ex-, en même temps qu’une libération intérieure. • Ma réponse à ce présent questionnaire est ma dernière contribution. Mon passé est digéré. Et je vis une retraite paisible. Que faites-vous de ces dossiers réponses ? Vous devez manquer d’archivistes ! Bien amicalement quand même...
  • J’ai rempli volontiers ce questionnaire... La situation des AMC est trop culpabilisée dans la pensée de beaucoup de gens d’Eglise et de chrétiens...

 

1- Qui a répondu ?

• Age:

(La dernière colonne représente la ventilation par tranche d’âge de la population des religieuses en institution.)

71 % ont 60 ans et plus

 

AMC Femmes ex-congréganistes
Religieuses
en Institution
Moins de 50 ans 2 1 % 6 %
De 50 à 59 ans 45 27 % 8 %
De 60 à 69 ans 82 52 % 23 %
De 70 à 79 ans 26 17 % 33 %
Plus de 80 ans 3 2 % 30%
Sans réponse 2 1%  
Total 160 100 % 100 %

Commentaires

 

Importance de la tranche 60-69 ans, en relation avec les départs de 74-88.

 

La population des AMC est beaucoup plus jeune que la population en institution; par exemple 63 % de cette dernière ont plus de 70 ans, alors qu’il n’y en a que 19 % parmi les AMC .

 

Celles qui ne sont pas encore en retraite (- de 60 ans) en sont préoccupées (28 %).

 

Préoccupation liée sans doute à l’ignorance sur les droits à pension ou les compléments actuellement possibles. Ce qui justifie le rôle important que doit jouer l’APRC.

 

2 - Votre vie congréganiste

2.1 - Quelle congrégation ?

Contemplative 14 9 %
Apostolique 120 75 %
Missionnaire 17 10 %
Semi-contemplative 9 6 %
Total 160 100 %

Sur les 160 réponses:
  • 126 situent la Maison-mère en France
  • 25 situent la Maison-mère à Rome
  • 9 ne donnent pas la précision.
Répartition par congrégation

 

Nombre de congrégation Nombre de réponse
par congrégation
Total des réponses
67 1 67
22 2 44
5 3 15
3 4 12
4 5 20
1 6 6
3 (Sans réponse) 3 3
105   167

2.2- Nombre d’années de vie religieuse

La durée de vie religieuse va de 3 à 42 ans de vie religieuse

 

Moins de 10 ans 14 9 %
Entre 10 et 19 ans 55 34 %
Entre 20 et 29 ans 57 35 %
Plus de 30 ans 34 21 %
TOTAL 160 100 %

Commentaires
  • La durée moyenne de vie religieuse est de 21,4 ans.
  • 23 étaient sous des vœux temporaires, dont 3 les renouvelaient chaque année.
  • 2 indiquent leur entrée dans un Institut séculier après le départ de leur congrégation.
  • 56 % ont plus de 20 ans de vie religieuse : les décisions ont eu le temps d’être réfléchies. Les motivations sont sérieuses.
  • 14 % seulement étaient sous vœux temporaires.
  • Peut-être ces départs tardifs sont-ils liés à la difficulté de prendre une décision et au sentiment de culpabilité par rapport aux vœux perpétuels ?

• Age d’entrée et Age de sortie dans la vie religieuse

Entrée   Sortie
Avant 20 ans 39   Avant 30 ans 8
20 ans 16   30-34 20
21 ans 23   35-39 33
22 ans 21   40-44 28
23 ans 10   45-49 24
24 ans 16   50-54 16
Entre 25 et 30 ans 20   55-59 12
Plus de 30 ans 2   Plus de 60 ans 6
Sans réponse 13     13
Total 160     160

 

Commentaires

 

  • 6 % de celles qui ont répondu sont sorties après 45 ans. On devine les difficultés de réinsertion socio-professionnelle, surtout pour celles qui n’ont pas occupé d’emploi avant d’entrer en congrégation.
  • Elles auront aussi de plus grandes difficultés au moment de la retraite (plus grand nombre de trimestres validés à la Camavic).

• La date de la séparation

En 1968 et avant 17 11%
Entre 1969 et 1978 80 50 %
Entre 1979 et 1988 50 31 %
Après 1989 13 8 %
TOTAL 160 100 %

Commentaires
  • Les courants de pensée suscités par Vatican II et Mai 68 exercent leur influence sur les motifs de départ.
  • La mise en route des réformes des congrégations en a troublé certaines (changement d’orientation, fusion...)
Graphique Année de départ

 

 

Deux observations :
  • celles qui sont parties après 1989 ont toutes plus de 25 ans de vie religieuse (8%).
  • la date “ moyenne ” et “ médiane ” de départ est 1977.

 

2.3- Activité professionnelle avant l’entrée en vie religieuse

Age Enseig/
Educat.
Infirm/
Hosp.
Bureau/
Secrétaire
Divers Sans emploi Total
Avant 20 ans 2   1 3 33 39
Entre 20 et 24 16 7 15 15 34 87
Entre 25 et 29 6 4 2 3 3 18
Sans précision 3 2 3 5 3 16
Total 27
(17 %)
13
(8 %)
21
(13 %)
26
(16%)
73
(44%)
16

Commentaires
  • 44 % n’ont exercé aucune activité professionnelle avant l’entrée.
  • 68 % ont reçu une formation dans la vie religieuse, liée à la mission de la congrégation, et non pour exercer un métier. Cette formation pouvait venir en complément d’une formation antérieure (école de cadres pour infirmière, par exemple)
  • Certaines formations étaient exclusivement religieuses (théologie, catéchèse).
  • Celles qui entrent dans des congrégations hospitalières ou enseignantes y exercent souvent leur compétence antérieure, ce qui n’est pas le cas pour les congrégations vouées exclusivement au service pastoral.

• Formation pendant la vie religieuse et emploi après la séparation

  Formations
pendant la vie religieuse
Emploi après le départ
Enseignante/Educatrice 52 (32%) 49 (31%)
Infirmière/Hospitalière 36 (22%) 47 (29%)
Secrét./Employée de bureau 5 (3%) 32 (20%)
Divers 16 (10%) 19 (12%)
Sans 51 (32%) 13 (8%)
Sur le total 160 (100%) 160 (100%)

Commentaires
  • Parmi les métiers exercés avant l’entrée dans la vie religieuse, on note le travail avec les parents à la ferme ou quelques métiers techniques plus particuliers.
  • Il faut noter parmi les formations reçues pendant la vie religieuse les formations générales qui rattrapaient souvent des études secondaires inachevées, mais qui n’ont pas forcément été sanctionnées par les diplômes officiels. On y a joint également les études théologiques universitaires.

3. La séparation

3.1- L’exclaustration

Durée Nombre %  
Moins d’un an 4 2,5 %  
un an 32 20,0 % dont un cas imposé
Entre un et deux ans 12 7,5 %  
Entre deux et cinq ans 7 4,0 %  
Entre cinq et huit ans 8 5,0 %  
Sans précision 9 6,0 %  
Exclaustration demandée mais refusée 2 1,0 %  
Sans réponse 86 54, 0 %  
Total 160 100 %  
Commentaires

 

  • 44 % des départs ont été précédés par une période d’exclaustration.
  • 10 % d’entre eux ont duré 2 ans et plus.

3.3- Qui a décidé la séparation ?

  • 89 % revendiquent un choix personnel, dont les motifs peuvent être multiples. Parfois la décision est “ fortement conseillée ”.
  • 11% indiquent le renvoi comme motif du départ, quelques unes soulignant que les difficultés de santé ont pesé lourd.

Réflexions complémentaires

(Les deux chiffres après chaque citation indiquent la durée de vie religieuse/ et l’année de sortie)

  • J’ai été chassée comme une malpropre. J’avais tout juste le prix du voyage, habillée comme l’as de pique(7/54). • “ Je ne vous autorise plus à aller dans aucune maison de la congrégation ” (33/80) • Refus de ma part de changer de poste et de lieu (24/80) • J’étais un sujet encombrant, une surcharge...Sujet inutile (17/61) • Manque de soins, pas assez de santé. • Retard à évoluer selon le concile (26/75) • Jalousie. On m’a demandé d’exercer dans une autre congrégation le métier pour lequel ma congrégation m’avait formée . J’ai refusé (11/72) • Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai été renvoyée. J’avais cru au Concile Vatican II. J’étais trop pressée(12/71). • Santé. Pas assez costaud... (6/69)
  • La supérieure ne voulait pas se séparer de moi : Mon désir de sortir devait se corriger : Sois plus fidèle. Après un faux témoignage, on m’a dit brutalement : Je te renvoie (10/87) • Je n’avais pas l’esprit de la congrégation (35/89) • Difficulté de dialogue et de communication (13/64) • J’ai été mise en demeure d’une logique qui n’était pas la mienne (30/82) • Mes aspirations ne correspondaient plus avec les statuts de la congrégation (22/81) • Après mise en demeure : on me demandait de changer de profession... (15/81) • Décision personnelle forcée...(35/89) • Difficulté de santé et d’adaptation (10/72) • “ Mise au silence et séquestration ”...(23/82) • Manque d’un réel dialogue.. Décalage humain entre les générations, accentué par la séparation contemplative d’avec “ le monde ” (3/85).
  • Difficulté de changer de mission et de communauté. Après deux ans d’exclaustration, impossibilité de reprendre la vie de communauté (30/87). • Entrée à 17 ans...Incapacité à une vie communautaire. J’ai transformé mes vœux en une consécration de vierge (39/90). • “ Embrigadée ”... J’avais l’impression de faire parti d’une secte (7/69) • La rupture n’a pas changé notre statut au quotidien, insérés dans le monde ouvrier (17/77) • Je voulais partir dans les règles. Mais cela a pris 5 ans (25/63) • Mon institut a fusionné et il ne m’a pas été possible de poursuivre ma vocation (mon activité). J’ai préféré partir (32/75) • Conflit de génération (pas d’entrée pendant 15 ans) Pas de respect des personnalités ni des compétences professionnelles. Manque d’évolution dans le domaine de la santé, de la culture...(12/68) • Dispense de vœux après deux ans de vœux perpétuels (13/68). • Manque important de formation humaine. J’avais une autre conception de la structure communautaire (plutôt construire que subir ou se soumettre (11/77) • Ma santé ne me permettait plus de tenir le coup dans les conditions de vie imposées par nos supérieures (9/61) • Tout s’est déroulé dans les meilleures conditions (22/47) • Maladie (12/63)
  • Désaccord sur l’engagement pour les plus pauvres... 15/80) • Besoin de liberté (13/57) • Raison psychologique. Passage à un institut séculier (40/88) • Je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt : le poids de la structure, de la culpabilisation (11/72) • Refus d’obéir à un ordre contraire au bon sens et au respect dû à une personne de plus de 80 ans (22/72) • On m’a imposée un choix : ou obéir à un ordre arbitraire... ou “ foutre le camp ”.. J’ai choisi la vie, en quittant la congrégation (15/72). • J’étais engagée en mission ouvrière et en milieu maghrébin. On me demandait de laisser et mon insertion précise et concrète et même mon orientation, pour revenir dans une communauté traditionnelle et fermée... J’ai choisi. (29/86) • ...A la suite d’irrégularité dans l’élection de la supérieure générale et de son conseil (27/82) • Mauvais souvenirs et mauvais exemples... Supérieure générale extraordinaire !! (10/47) • J’avais osé dire mon avis contre celui de la supérieure... La nouvelle supérieure élue m’a beaucoup facilité mon départ (16/82). • Pendant 12 ans je faisais les soins à domicile, on envoyait des millions à la congrégation, et elle ne cotisait qu’à la maladie... (30/86) • A partir de moment où la congrégation voulut être romaine, de nombreuses directives nous arrivaient qui amputaient la vie même que nous menions (18/73). • Pour soigner ma mère (39/84) • Mon engagement professionnel et syndical n’était pas accepté par un certain nombre de mes consœurs. Tensions. Il était impérieux pour moi de protéger ma santé (13/74). • J’ai compris que ce n’étais pas ma voie (26/78). • Pour cause de santé (9/67).

 

3.4 - La dot (cf. également question 2.4.)

  Versées Restituées
Dot dont le montant est connu 46 32
Montant inconnu 30 30
Absence de dot 84 0

Commentaires
  • Le montant de la dot est très variable : de 30 F à 150 000 F.
  • Certaines dots sont en nature : trousseau, mobilier. Quelques dots restituées ont été réévaluées.
  • L’obligation de la dot a été supprimée du droit commun par le code canonique de 1983.
  • On peut noter que sa restitution en a été faite, mais selon les congrégations, au franc près, et rarement revalorisée.

3.6 - Aides reçues au départ

Pour le logement: loyer, caution 4 (1 ou 2 mois)
Mobilier, trousseau 10
Voiture pour métier 17 (dont 4 rendues ou remboursées)
Espèces = Moins de 3 000 F 15 (dont un cas : 6*300 F)
Espèces = Entre 3 000 et 10 000 F 10
Entre 10 000 et 50 000F 8
Entre 50 000 et 100 000F 5
Plus de 100 000 F 4 (dont un passage à un Institut séculier)
Rachat de trimestres pour retraite 7 (de 10000F à 60000F.
Un cas avant la séparation)
Aide refusée 7 (dont deux renvoient à la famille)
Aide non demandée 2
Sans réponse 33 (voir la dernière question)
Total 160

 

A ajouter :
  • un héritage reçu pendant la vie religieuse qui est rendu…
  • un prêt sans intérêt pour l’achat d’une maison…
  • un don de 50 000 F au décès du mari (en 1996).

Commentaires
  • Les aides sont d’une grande variété. Elles sont le reflet des relations entre la religieuse et sa supérieure. Aucun critère ne semble présider à la forme de l’aide accordée, ni au travail effectué, ni au temps passé, ni en fonction des besoins matériels immédiats et à moyen terme, ni à plus forte raison en vue de la retraite.

Réflexions complémentaires

  • Avec cet argent, j’ai dû acheter mobilier, vaisselle, lingerie..(26/78).
  • 6 mois avant mon départ, j’ai eu la permission d’ouvrir un livret Epargne. Avec le fruit de mon travail, mon premier loyer a été payé (23/81).
  • Mon départ (signature de papiers) s’est fait au buffet d’une gare SNCF, où la responsable passait ; j’avais fait le voyage pour cela. La responsable n’avait pas le temps (après 31 ans de ma vie dans la congrégation) (31/86).
  • Cette somme m’a été adressée 3 ou 4 ans après mon départ...(30/82).
  • 10 ans après mon départ, sur ma demande et sur conseil d’un évêque, j’ai réclamé une aide, car j’avais emprunté 100 000 F... J’ai alors obtenu 24 000 F en mars 91 (15/81). • Refus total. Reproche fait d’avoir gardé 2 mois de salaires pour m’installer (16/76).
  • Je vis non de pauvreté mais de grande misère (39/84).
  • Le salaire de l’Education nationale est arrivé pendant 3 mois et ne m’a été réclamé par la congrégation qu’un an après (22/72).
  • J’étais salariée et versais mon salaire à la congrégation qui me reversait ce dont j’avais besoin. La 2CV a été “ récupérée ”. Je logeais déjà hors de la communauté. (28/78).
  • Il m’a été déduit de la somme qui m’avait été promise, et alors que j’étais sans emploi une somme que la congrégation m’avait donnée pour aider mes parents quand j’étais encore dans la communauté (28/79).
  • 1 000F : N’ayant aucun trousseau ni matériel ni logement à mon départ, cette somme a été dépensée en une semaine et je n’avais toujours pas de travail (13/68).
  • Ce qui restait en caisse d’épargne et CCP. Je vivais seule depuis 15 ans et payais la “ dîme ” à la congrégation (35/89).
  • Sur demande de l’évêché : peut-être 200F par mois durant un an...(12/63) • 100 F... Plus tard une religieuse, sans l’accord de sa supérieure, m’a remis un 2 CV neuve achetée par elle sur son salaire, pour me permettre de travailler...(9/73) • Il a été décompté de ma dot le prix du timbre pour m’envoyer le chèque (11/72) • Le jour de mon départ, on m’a donné 300 F. C’était en 1983 (23/83) • Sachant que la congrégation est pauvre et pouvant m’assumer, je n’ai rien demandé alors qu’elle était disponible si je l’avais demandé (39/80) • Seulement une lettre: “ vous ne devez faire aucune dette, ni en votre nom ni au nom de la congrégation ”. L’évêque m’a trouvé du travail. Mais gros choc pour mon père droit et non-croyant (23/82).
  • 3 000 F, somme rendue sur mon désir express, 2 mois après ma sortie (15/75) • 5 000 F pour 14 ans de vie religieuse... (14/72) • On m’a rendu une partie (la moitié, je crois) de la somme dont je m’étais “ dépouillée ” après mes vœux perpétuels... Mais il est vrai que ce qui est donné est donné !! (31/87) • 15 000 F en trois fois sur un an : mais c’était au départ que j’en avais besoin...(29/82) • La congrégation me verse 2 500 F/mois, étant exclaustrée et âgée de 55 ans. Mais je ne sais quel soutien financier me sera encore accordé après (33/97).
  • Je suis partie avec une tenue civile et 6 serviettes de toilette... (8/66) • 300 F par mois, pendant 6 mois, somme remise à mon frère qui m’hébergeait. Plus une paire de drap et deux taies d’oreiller (17/70) • A mon départ, la congrégation m’a généreusement donné mille francs qu’on m’a aussi généreusement prié de rembourser dès que je travaillerais. Mais j’ai estimé que je n’avais rien à rembourser (17/70). • C’est moi qui ai décidé de garder mon dernier salaire... (16/75) • A ma demande, la congrégation a participé au rachat des cotisations des quatre ans d’enseignement passés comme salariée laïque non déclarée avant mon admission au noviciat (23/77) • La Supérieure a consenti à me laisser la voiture nécessaire à mon travail. Mais pendant l’année précédent mon départ, j’ai dû renvoyer mon salaire à la congrégation, après avoir déduit mon loyer et nourriture...Donc aucune économie à la sortie... (40/90).
  • L’aide financière la plus importante de ma congrégation m’est venue longtemps après mon départ, après ma mise en retraite, à la suite de l’intervention d’un membre de la congrégation resté en relation avec moi. Donc aide personnelle, d’autres qui sont parties aussi n’ont pas eu la même aide. Un ensemble de circonstances ont joué en ma faveur. J’ai apprécié le geste mais regretté la manière (33/86).

 

• Soutien moral (Parfois réponse multiple)

 

Origine Soutien moral Sans soutien moral
Congrégation 50 110
Famille et ami(e)s 136  
Association 42  
Soutien juridique et social 5  

Commentaires
  • Les 2/3 n’ont eu aucun soutien de la congrégation. Ce sont les familles et les amis qui ont été les plus sollicités. L’APRC a servi de relais pour 26 % d’entre elles.

• Soutien matériel ou financier autre que la congrégation

Famille 57
Ami(e)s 46

Commentaires
  • Le soutien est venu pour 64 % des familles et amis.

 

3.8.2 - Connaissance de l’APRC

Avant 1980 32 20 %
Entre 1980 et 1984 29 18 %
Entre 1985 et 1989 23 14 %
Entre 1990 et 1994 18 11 %
En 1995 et après 21 13 %
Sans date 8 5 %
Ne connaît pas 15 9 %
Sans réponse 14 9 %
Total
160
100%

 

4 - Votre vie actuelle

4.1- Statut familial

Célibataires 97 61 %
Mariées 56 35 %
Divorcée 1 1 %
Veuves 6 3 %
Total 160 100 %

Commentaires
  • 39 % se sont mariées bien après leur sortie
  • Aucune n’invoque le motif de mariage pour expliquer le départ de la congrégation.

4.2 - Situation du logement

Propriétaires 85
dont 40 mariées ou veuves
53 %
Accession à la propriété 11 7 %
Locataires 55 34 %
Autres (Foyers, amies, famille) 7 4 %
Sans réponse 2 2 %
Total 160 100 %

Commentaires
  • Au moment de la retraite, 7 % ont encore des remboursements de prêts. 34% sont locataires.

 

4.4 - Formation professionnelle après le départ : Qui l’a financée ?

Sans réponse précise 7 4,3 %
Par soi-même 13 8,1 %
Famille 2 1,2 %
Employeurs 33 20,6 %
Collectivités 8 5,0 %
Etat 10 6,2 %
Sous-total 73 45,6 %
N’ont pas répondu 10 6,2 %
Sans formation 7 48,1 %
Total 160 100 %

Commentaires
  • 41% ont dû se former après le départ, et la majorité grâce aux fonds de la formation permanente des entreprises ou des pouvoirs publics ou sur leur fonds propre (8 %)

 

5- SITUATION FINANCIÈRE AUJOURD’HUI (en 1998)

(SMIC = 6603 F brut/mois)
(Sur un total de 144 réponses exploitables)

 

5.1- En retraite

Age du départ < SMIC = SMIC > SMIC total
25-34 ans 4 3 3 10
35-44 ans 16 9 11 36
45-54 ans 18 - 9 27
55 ans et + 10 3 2 15
Sans précision 4 1 3 8
Total 52 16 28 96

Commentaires
  • Plus le nombre de trimestres CAMAVIC est important, plus la retraite est faible.
  • 44, sorties après 35 ans ont une pension supérieure au SMIC.
  • 52, sorties après 35 ans ont une retraite égale ou inférieure au SMIC.

Réflexions complémentaires
  • Je souhaitais une action commune pour les religieuses ayant quitté la congrégation.
  • En partant, je n’ai rien demandé par orgueil, ou pour rien leur devoir. J’en avais trop sur le cœur. Bêtise...
  • J’ai choisi de me suffire. Mais ce fut - et cela demeure dur.
  • En 1969, mes raisons étaient affectives, morales. Quelle erreur...
  • J’avais une profession....
  • Pour la vie quotidienne, il y a la retraite de mon mari.
  • La prieure, manifestement comptait que ma famille me ré-accueille, m’aide. J’étais une exception d’avoir demandé à être autonome, et à compter (en vain) sur l’aide de ce monastère dont je sortais.
  • (Infirmière) On a fait faire des économies à l’Etat, et à présent nous devons payer des dettes...
  • Je n’aurai jamais osé demander.
  • J’avais un soutien matériel et financier de ma famille, ce qui m’a beaucoup aidé et éviter de manifester un sentiment intérieur d’agressivité et de révolte vis-à-vis de l’autorité. Je dirais volontiers, pour cette raison : Merci Seigneur.
  • Je considérais cela comme un dû, du fait que la congrégation avait omis de me déclarer.

 

5.2 - Encore en activité

Age du départ < SMIC = SMIC > SMIC TOTAL
25-34 ans 3 - 10 13
35-44 ans 3 3 14 20
45-54 ans 1 1 5 7
55 ans et +     3 3
Sans précision 1 - 4 5
Sans réponse 8 4 36 48

Commentaires
  • Certaines ont connu une ou plusieurs périodes de chômages (jusqu’à 8 ans).

5.5 - Complément de ressources

Fonds National de solidarité 3 (Manque d’information ?)
Allocation CAMAVIC 18
Allocation Assedic (moins de 65 ans) 9

Commentaires
  • Les trois personnes FNS ne sont sans doute pas informées de leurs droits.
  • L’allocation ASSEDIC n’est pas un complément de ressources et s’arrête à 65 ans au plus tard. Toutes n’y ont pas droit.

Réflexions complémentaires
  • Prouver que la vraie pauvreté ne m’effrayait point.
  • Je n’aime pas mendier.
  • Mes parents ont été condamnés par la Sécurité Sociale à payer les frais d’hospitalisation (hors mutuelle) pour une maladie contractée durant la vie religieuse.
  • Nous avions gardé nos salaires...
  • L’idée ne m’a jamais effleurée.
  • Une demande d’aide financière aurait été acceptée. Mais l’équité se situe à un autre niveau.
  • Une conseillère m’a dit : “ Elles ne veulent pas te donner plus de 1 000 F, pour t’obliger à rentrer ”.
  • On m’a gentiment offert mon billet de train. Je n’avais pas un centime en poche...
  • Salariée avant mon entrée, j’ai repris aussitôt mon travail.
  • Je voudrais une reconnaissance “ officielle ”.
  • Au départ en retraite, ma congrégation a accepté de me verser une pension régulière chaque mois, en plus de la CAMAVIC.

5.8 - Les difficultés à se faire aider

Pas besoin (salaire suffisant) 33 21 %
Fierté : pas d’aumône 36 23 %
Rupture avec le passé 20 12 %
Ignorance de cette possibilité 7 4 %

Commentaires

  • 52 % n’ont pas demandé d’aide, soit par refus de quémander soit par fierté. 4 % ont essuyé un refus
  • Là aussi, aucune règle ne préside à cette aide qui repose sur des facteurs subjectifs ; c’est pourtant à cette période charnière que les besoins sont importants.
  • L’absence de règles ou de “ solde de tous comptes ” au moment du départ se répercute au moment de la retraite.
Réflexions complémentaires
  • Toutes celles qui sont parties n’ont pas été aidées de la même façon. Cela dépendait de la manière dont on partait...
  • Je n’avais pas demandé l’aide qui m’a été proposée. Je l’ai acceptée parce qu’il me semble que je l’avais méritée.
  • Nous sommes parties à deux. Ma compagne avait un compte-chèques personnel avec un peu d’argent qu’elle a gardé. J’avais un compte joint que j’ai dû laisser.
  • A mon départ, la congrégation m’a bien stipulé qu’il serait inutile de demander une aide quelconque financière.
  • J’ai voulu prouver que je pouvais m’en sortir seule, pour enfin être considérée comme “ adulte ”, après avoir été si longtemps “ infantilisée ”.
  • Mon ancienne congrégation est pauvre.
  • Ma congrégation m’a fait valoir qu’elle n’avait aucune dette à mon égard.

 


 

3. RÉFLEXION DE L’APRC

RÉFLEXION DE FOND SUR UN SUJET TABOU : L’ARGENT

La question de fond, sous-jacente à l’ensemble des problèmes que pose l’APRC, est en fait le rapport à l’argent des congrégations et des congréganistes.

Sauf exception, le voeu de pauvreté régit la vie des religieuses Mais il faut bien distinguer trois situations différentes :

1. - Statut “ salarié ”

Ou bien la religieuse est salariée, comme beaucoup d’autres Français. Et elle met ses revenus en commun avec ses sœurs, laissant aux Supérieures le soin de gérer, de partager et de fixer les grandes orientations de service et de mission. D’ailleurs le choix d’entrer dans telle ou telle congrégation tient compte de ces orientations qui caractérisent la vie et les activités de chaque institution. Chaque religieuse contribue à sa façon et à sa place à les définir et à les faire évoluer.

Le salaire peut être versé sur un compte personnel ou un compte joint (avec une autre religieuse ou une supérieure). Le logement est généralement un appartement que partagent trois ou quatre religieuses. La vie quotidienne est gérée par toutes, grâce à l’apport des salaires mis en commun, sous réserve d’un versement à la congrégation. L’engagement à la pauvreté est quasiment renouvelé chaque mois, lorsqu’il s’agit de partager son salaire et de s’en dépouiller. Les frais de vêtement, de toilette sont à la charge de chacune. Le budget est totalement transparent et discuté régulièrement par toutes. La présence de retraitées ou de non-salariées permet d’autres activités, plus directement pastorales.

Il y a une véritable identité financière.

 

2. - Statut “conventionné”

Ou bien la religieuse est directement au service de l’Eglise, paroisse ou diocèse. C’est le choix de la congrégation qui signe la convention avec un évêque et qui en reçoit une indemnité. La personne n’a pas alors de véritable “ identité financière ” puisqu’aucune somme d’argent ne lui est remise par le diocèse, mais éventuellement par sa congrégation. La vie commune est généralement plus forte et la communauté plus nombreuse. Le logement et la nourriture sont collectifs. Souvent une “ économe ” porte le souci du budget de l’ensemble.

Cependant chaque religieuse est immatriculée personnellement à la Sécurité Sociale (Caisse des Cultes) et est soumise à cotisations. Mais c’est le diocèse qui les paie. En retour c’est la congrégation qui perçoit les remboursements ou les pensions.

La formation reçue vise à la préparation de la mission et n’est “ professionnelle ” que dans la perspective pastorale, précisée par la lettre de mission que chacune reçoit.

Il n’y a plus d’autonomie, parfois même pas d’identité financière.

 

3. - Sans statut

Ou bien la religieuse est au service de sa propre congrégation pour lui permettre de vivre et de se développer (comme un permanent d’association...) : ces activités vont de la cuisinière à la supérieure. C’est souvent un travail à plein temps, qui ne dégage ni salaire ni indemnité.

Il y a certes immatriculation personnelle à la Sécurité Sociale (CAMAC et CAMAVIC) mais c’est la congrégation qui a alors à sa charge les cotisations sociales et qui reçoit toutes les prestations. Mais on peut dire que le titre d’assurée sociale est quasiment virtuel car c’est en fait la communauté qui est assurée pour les risques maladie-vieillesse de ses membres.

Quand une telle communauté vit de son travail, c’est la personne morale qui est rémunérée et pratiquement aucun de ses membres.

Il n’y a ni identité, ni autonomie, ni même “ existence ” financière. Tout est en commun : logement, nourriture, vêtements etc. C’est en particulier la situation des couvents de contemplatives et de moniales.

Il faut ajouter que, pendant sa vie de religieuse, on peut passer d’un statut à l’autre, par exemple d’infirmière salariée à la charge de supérieure.


 

4. PROPOSITIONS DE L’APRC


L’APRC ne peut rester indifférente aux situations décrites plus haut, qui conduisent nombre de femmes à se retrouver, au moment de la retraite, dans une situation difficile.

Aussi les propositions qui suivent veulent-elles faire des suggestions sur les modalités de la séparation, en vue d’améliorer la situation de ces femmes au moment de la retraite.

 

1. AU MOMENT DE LA SÉPARATION

L’enquête souligne que c’est le vœu d’obéissance qui suscite aujourd’hui le plus de difficulté dans les communautés religieuses et est à l’origine de beaucoup de départs et non le vœu de pauvreté, ni même le vœu de chasteté. L’autorité peut être ressentie comme pesante, parfois étouffante, voire même absurde. Et la séparation s’impose alors comme une obligation de conscience.

Mais les questions d’argent prennent très vite une grande importance quand il faut faire face, seule, aux exigences de la vie civile.

L’APRC connaît le canon 702 du code canonique : “ Les membres qui sortent légitimement d’un institut religieux ou qui en ont été légitimement renvoyés ne peuvent rien lui réclamer pour quelque travail que ce soit accompli dans l’institut. ” Ce qui signifie qu’on ne peut lui réclamer une part des salaires remis à la congrégation pour des activités salariées accomplies à la demande des supérieures, ou encore que des droits d’auteur pour des ouvrages écrits pendant la vie religieuse restent acquis à la communauté (voir à titre de comparaison les brevets d’invention déclarés au titre d’une entreprise).

Mais face aux diversités des procédures et des comportements, sans règle et sans<