La demande de pension de réversion en 2026 : comment bien s’y prendre ?
N.B. : Cette réflexion prend en compte les avancées qui existent depuis le début de cette année.
Il m’est arrivé quelques fois d’être contactée par des épouses veuves qui rencontrent des difficultés à l’occasion de la demande de leur pension de réversion. Des difficultés plus particulièrement avec la Cavimac qui pourraient être évitées en respectant une procédure précise.
Quelques rappels préalables :
*1/ Étant une caisse de la sécurité sociale, la caisse des cultes (la Cavimac), verse bien une pension de réversion au conjoint survivant comme n’importe quelle caisse de retraite.
*2/ La pension de réversion n’est pas versée automatiquement : il faut en faire la demande auprès des caisses de retraite de base et complémentaires de la personne décédée. D’où la nécessité de les connaître avant le décès de son conjoint.
*3/ Pour avoir droit à une pension de réversion, il faut avoir été marié avec la personne décédée. Pas de réversion pour les couples pacsés ou vivant en concubinage.
*4/ Avoir 55 ans pour la demande de réversion des régimes généraux et pour les complémentaires.
*5/ Depuis le 1er janvier 2026, à la suite de la revalorisation de 0,9% des pensions qui tient compte de l’inflation et de l’évolution du SMIC, la pension de réversion est attribuable, si le plafond des ressources annuelles brutes de la personne qui la demande est de 25 001,60€ pour une personne seule, et de 40 002,56€ pour le survivant qui s’est remis en couple marié. Ce plafond est réajusté chaque année par le ministère des Affaires sociales.
N.B. : Pour l’AGIRC-ARRCO : Attention pas de réversion pour les conjoints survivants remariés.
Alors comment faire ?
Une chose essentielle : la demande de pension de réversion peut très bien se faire maintenant par internet mais la formule papier continue aussi d’exister. D’où ces quelques conseils :
*1/ Chaque conjoint devrait avoir constitué un dossier qui rassemble les bulletins de pension de ses différentes retraites. Tous ces renseignements sont disponibles et vérifiables sur le site Info-Retraite facilement accessible grâce aux identifiants de FranceConnect.
Ils le sont de même, dans l’espace personnel de chaque retraité, sur le portail des sites des différentes retraites de base et complémentaires.
*2/ Il serait judicieux que chaque conjoint informatisé ait fait une approche d’Info-retraite, en particulier, y ait pris des repères pour, le moment venu, ne pas patauger durant des jours alors que le site est remarquablement accessible par tous.
Qu’il y ait vérifié aussi que sa situation familiale et ses données personnelles sont bien enregistrées.
*3/ Pour les personnes non informatisées, savoir où se trouve le point « France- Services » de sa commune ou du chef-lieu de canton où, là, une personne pourra accéder aux sites précités pour, éventuellement, l’aider à faire sa demande.
*4/ Chaque conjoint doit savoir où se trouve le livret de famille, les avis d’imposition annuels, avoir un RIB à son nom sous format IBAN car ils seront tous nécessaires au moment de produire les justificatifs à joindre à la demande de réversion.
De même que les actes de mariage ou les jugements de divorce qui seront les preuves indispensables de la durée de chaque union pour calculer les futurs droits au prorata de cette durée.
*5/ Savoir aussi la commune de naissance de chacun pour demander, à son secrétariat, le moment venu, les actes d’état civil actualisés nécessaires au dossier.
LA DEMANDE de PENSION DE RÉVERSION : POINT IMPORTANT ET CAPITAL :
1/-. Par l’informatique :
Si le décédé était poly-pensionnné et donc avait plusieurs caisses de retraite de base (CNAV – régime général-, Cavimac, MSA, etc) et évidemment des caisses de retraite complémentaire il faut déposer la demande de pension de réversion sur le site officiel « Info-Retraite » ou dans l’espace personnel du site internet du principal régime qui verse la retraite de base. Ce point est essentiel.
L’onglet « Demander ma réversion » sur le portail Info-Retraite permet de déposer, en une seule fois, la demande pour l’ensemble des régimes de base et complémentaires susceptibles d’attribuer une réversion. Une fois validée, la demande est transmise aux différents régimes de retraite pour qu’ils la traitent ; normalement, si elle ne présente pas de difficultés particulières, la réponse intervient dans les 3-4 mois ½ environ. De fait, souvent davantage !
Depuis quelques années, le déploiement massif de ce « guichet unique » simplifie considérablement ces démarches particulièrement pénibles lorsqu’il faut renseigner plusieurs caisses différentes et joindre à chaque fois les mêmes justificatifs. Sans compter le coût des envois en LR/AR.
Pour les AMC, la Cavimac, sollicitée dans ce cadre, répondra directement à la caisse de retraite principale pour ce qui la concerne. Elle peut éventuellement vous demander des informations manquantes mais, lui écrire, lui téléphoner sont contre-productifs et embrouilleront les choses. D’où les problèmes rencontrés par nos adhérentes qui n’avaient pas effectué ou respecté, les bonnes procédures en vigueur maintenant.
De plus, le demandeur a, grâce au site utilisé, la possibilité, à tout moment, de suivre l’avancement de son dossier.
2/. - La méthode « papier » :
Pour les personnes qui ne veulent ou ne peuvent pas utiliser cette méthode informatisée, il faut bien savoir que, s’il y a plusieurs caisses de retraite de base, la simplification existe aussi. Il faut d’abord demander le formulaire pour la pension de réversion à la caisse de retraite de base qui versait la retraite la plus importante au conjoint décédé et le lui renvoyer, obligatoirement, avec tous les justificatifs en LR/AR. Ceci constituant la preuve de votre envoi en cas de litige toujours possible.
Comme pour la méthode informatisée, cette caisse se mettra, elle-même en relation avec les autres caisses sans que vous ayez à vous en mêler…ce qui ne ferait que compliquer les choses…Je le redis encore.
Je le précise ici : il est évident que, si votre retraite de base dépend essentiellement de la Cavimac, c’est à elle que vous devrez adresser votre dossier complet. Elle effectuera le travail auprès des autres caisses du régime de base.
*. MAIS NOUVEAUTÉ depuis début mars 2026 : l’Assurance retraite adopte enfin et progressivement, un modèle utilisé déjà depuis quelques années pour l’impôt sur le revenu, à savoir : le formulaire de demande de réversion prérempli.
En effet, Le Dispositif de Ressources Mensuelles (DRM) permet à l’Assurance retraite de communiquer avec les autres bases de données publiques ou privées. Ce qui veut dire en pratique, que les revenus, les pensions déjà perçues et d’autres ressources sont intégrées directement au dossier. Il suffit alors de les vérifier ; les données transmises via le DRM sont certifiées, ce qui sécurise le montant final de la pension. Cela permet de limiter les oublis et les erreurs, sources de retards dans le traitement des dossiers et évite des régularisations parfois tardives et très pénalisantes pour le conjoint survivant dans le deuil.
Mais cette réforme n’est pas encore appliquée par les régimes complémentaires, tels que l’AGIRC et l’ARRCO. Bien évidemment, il vous appartiendra de déposer une demande de pension de réversion auprès des caisses de retraite complémentaire avec les justificatifs.
Quelques points importants aussi :
*-Pour le moment, la pension de réversion des régimes complémentaires représente 60% du montant de la retraite que perçoit, ou aurait perçu la personne décédée.
Elle est, pour le moment, de 54% pour bon nombre de caisses du régime de retraite de base.
*-La date du décès est le point de départ des droits, mais le délai pour en faire la demande et obtenir un versement rétroactif est de 12 mois après le décès.
Passé ce délai, la pension ne sera versée qu’à la date du dépôt du dossier.
*-L’impact du remariage. Pour le moment, les règles sont contradictoires selon les régimes :
Dans le secteur privé : le remariage n’annule pas la pension de réversion de base qui sera recalculée selon les nouvelles ressources du bénéficiaire, mais il supprime la réversion de la retraite complémentaire.
Dans le secteur public : c’est la perte définitive des droits à réversion, si le conjoint survivant se remarie.
*-Les majorations de réversion :
-Le bonus de 1,1% : Il est accordé automatiquement dès que le pensionné atteint l’âge de la retraite à taux plein (entre 65 et 67 ans), à condition que l’ensemble de ses revenus ne dépasse pas un certain plafond
-Le bonus « Famille nombreuse » : Il est attribué automatiquement si le pensionné a eu ou élevé au moins 3 enfants
-L’aide pour enfant à charge : Si le conjoint survivant ne touche pas encore sa retraie et s’il a encore un enfant à charge il peut demander une aide qui sera fixe.
On le voit, le système de réversion est complexe à tel point que certaines personnes renoncent à leurs droits tant les démarches peuvent être lourdes, usantes et déstabilisantes en période de deuil. Actuellement, le gouvernement réfléchit, avec les différents régimes de base et complémentaires, sur une réforme de l’attribution de la pension de réversion. Il s’agit avant tout de simplifier toutes les démarches, et la vie des bénéficiaires, sans minimiser le soutien financier essentiel qu’elle représente pour le conjoint survivant. Comment :
*-D’abord, entre les différents métiers, en gommant les inégalités entre les parcours professionnels et les régimes qui gèrent ces professions (salariés, fonctionnaires, indépendants, etc) ;
*-en uniformisant l’âge de versement : l’âge minimum serait de 55 ans pour tous ;
*-en instaurant un taux unique compris entre 50% et 60% qui s’appliquerait aussi bien à la retraite de base qu’à la part des retraites complémentaires, en visant à maintenir un niveau de vie décent pour le conjoint survivant ;
*-en revoyant les règles liées à un second mariage : que les couples pacsés puissent, eux aussi, comme les couples mariés, bénéficier des droits à la réversion et que le remariage (ou la conclusion d’un PACS) n’ait plus d’impact sur le maintien des droits.
Tous ces points sont à l’étude et c’est tant mieux pour les futurs conjoints survivants.
En guise de conclusion, je veux quand même dire que le décès de son conjoint ne doit pas être un tabou. Il est nécessaire – et ça ne fait pas mourir plus rapidement ! - de le préparer en mettant de l’ordre dans ses affaires personnelles afin de faciliter les démarches post-décès. Il faut avoir le souci de ne pas ajouter du stress au stress de la séparation.
Si les conseils prodigués dans cet article sont bien mis en application, j’irai jusqu’à dire que “demander la pension de réversion” est grandement facilité.
À bon entendeur, salut !
Isabelle SAINTOT
15 mars 2026