Billets

01 mars 2019

Hondelatte raconte… Chroniques d’une émission radio…


Christophe Hondelatte anime cette émission depuis la rentrée 2016 (Europe 1, 14h-15h). C’est déjà un exploit qu’une même émission dure si longtemps. Durant la première heure, Christophe Hondelatte raconte pendant 20 minutes une histoire, qui n'est plus forcément criminelle, mais le plus souvent en lien avec l'actualité du moment. Il revient ensuite sur son récit avec les invités.

Je suis contacté par son équipe pour participer à l’émission. Ce sera du direct et sans d’autres intervenants que moi. Depuis ma révocation (printemps 2007), nous avons eu maintes et maintes sollicitations pour participer à des émissions people. Nous les avons refusées parce qu’elles ne semblaient pas tournées vers les vraies questions de l’Eglise d’aujourd’hui (célibat, exercice du pourvoir, place des femmes, …). J’ai demandé à l’attaché de C. Hondelatte que celui-ci ne m’enferme pas dans la petite histoire d’amour interdit mais que ses questions soient bien en phase avec les problèmes que connait aujourd’hui l’Eglise. Il m’a assuré que oui. Alors, j’ai accepté.

L’horloge des émissions

Puis, la machine médiatique se met en route… La date est retenue, les billets A/R sont envoyés par mail, 4h ½ de train, un taxi vous attend et vous amène au siège de la radio. Pièce d’identité… portique de sécurité… l’attaché vient me chercher et me fait entrer dans un immense « open space ». Là, quelques 120 personnes, tous jeunes, travaillent de manière très décontractée. Les locaux sont occupés par Europe 1 et deux autres radios du groupe Lagardère, RFM et Virgin Radio. Une boisson rafraichissante… et me voilà dans le studio d’enregistrement, face à Christophe Hondelatte (que je n’avais pas encore rencontré). Ce qui retient d’abord mon attention, ce sont les grandes horloges digitales qui occupent les quatre murs du studio. Le temps est compté, les secondes sont comptées… Tout doit entrer dans le temps imparti pour l’émission. J’imagine la pression que ces horloges doivent mettre aux animateurs. Il raconte mon histoire à partir de mon ouvrage « Pour l’amour d’une femme, privée d’Eglise » (*). Une heure d’antenne, coupée par plusieurs spots publicitaires. Au final, peu de temps pour l’entretien. J’ai fait le calcul : 12 h de déplacement pour 20 mn d’entretien !...

Frustrations médiatiques

Bien évidemment, les questions posées toucheront davantage l’évènementiel (rencontre avec Marga, sa venue au presbytère, clash avec l’évêque et avec mon supérieur religieux, réactions de la population) que sur le fond (organisation et avenir du clergé, célibat, …). Je voulais aussi évoquer des associations comme Plein Jour ou APRC. Difficile car il ne l’avait pas prévu dans ses fiches… J’arrive toutefois à souligner que ce qu’attendent les chrétiens d’un prêtre, ce n’est pas d’abord qu’il soit célibataire, mais qu’il soit un homme de foi, un passionné de l’Evangile qui aime le monde, qui s’intéresse à ce que vivent les gens, qui les accompagne et qui les éclaire dans leur vie sans leur dire ce qu’ils ont à faire ou à ne pas faire. L’Eglise est porteuse d’un message extraordinaire, celui de l’Evangile. Mais elle est en souffrance. Les cadres vieillissent et se durcissent. A un monde qui connaît des turbulences de tous ordres, que propose-t-on ? Une spiritualité sécuritaire… Portée par des courants conservateurs, l’Eglise se retire du monde pour prier et vivre de belles cérémonies. Les portes ouvertes par Jean XXIII semblent se refermer. Dommage.


L’attaché a commandé un taxi qui me ramène à la gare. 4h ½ me sépare du Piémont…

Léon Laclau

(*) :  (cliquez pour écouter l'émission)

https://www.europe1.fr/emissions/hondelatte-raconte/hondelatte-raconte-leon-laclau-un-pretre-amoureux-20062018-3688199